La Tortue d'Hermann

Dis-moi donc petite tortue
D'écaille élégamment vêtue
Quand je te vois déambulant
Patte griffue et le pied lent
Conte-moi les belles agapes
Sur la pelouse aux vertes nappes ...

Vers quel festin de toi connu
Avances-tu le train menu
Coupé d'arrêts où tu t'exhausses
Pedetemptim, en courtes chausses,
Guettant limace ou escargot
Plus savoureux que n'est gigot?

Puis de ton pas légionnaire
Tu prends congé l'air débonnaire
Pour te blottir dans les iris
Qu'ourle l'argent des iberis
Il fait si frais par canicule
Sous leur rhizome en monticule!

Je t'aperçois le mors aux dents
Brimbalant tes élans prudents.
Chaque midi par cette allée
En chaloupant t'en es allée
Loin de l'excès de grand soleil
En quête d'ombre et de sommeil...

Reste en ces lieux à ton envie
Le temps que Dieu te prête vie
Petit hôte de mon jardin!
Mène là ton heureux destin:
N'y cherche aucune échappatoire
Fuis tout asphalte aléatoire!

Henri-Maurice STEIL