Sur le lac d'Esparon
Quel joli petit bourg que celui d'Esparon,
Qui domine un grand lac aux berges escarpées,
Dont le mouvant miroir lèche chaque éperon,
Bousculant des genêts les folles équipées!
Au pied du vieux château voici le petit port
Où dorment des esquifs que caresse la houle,
Toujours prêts à partir pour un nouveau transport,
Sur l'onde qui bruit et doucement s'écoule ...
L'incendie a brûlé les taillis d'alentour,
Menaçant les hauteurs voisines du village,
Squelettes tout noircis d'arbres morts sans retour,
Montrant jusqu'à Quinson un bien triste étalage.
Une étrange douceur se propage sur l'eau
S'infiltrant sur les bords jusqu'au barrage proche
Lorsque chante le vent dans le frêle bouleau
Et qu'un subit envol s'élance d'une roche ...
René STREIFF