Sur la terre et sur la mer
Où vont les hommes du cheminement
Dans le sillon du voyage
Et le nid creux des flots
Par la ville et par les champs
En lignes brisées
Par l'ombre des murs
Et la lumière verticale des blés
En l'effluve du temps frileux
Et la trame délavée des heures
En l'œil de la conscience
Où palpite une larme
Quelle révélation espérer
Quel cri lancer
Dans les ténèbres flamboyantes
Pour retrouver l'homme ...

Avis de recherche

La terre a tremblé, vomi ses cendres chaudes
Des volutes de nuit vont envahir la pensée

Hommes des bois et des ruelles
Tombez les masques de tout-puissants
Ouvrez les portes des citadelles
Où sont recluses vos solitudes
Et les fruits secs de vos désirs, les torrents
Du purin noir des turpitudes
Les sangs mêlés de vos combats
Les flammes d'or de vos terreurs profondes
Hommes de partout et de là-bas, des autres mondes
Hommes des contraires
Courez vers les lumières
Voici sur vous la menaçante
La dévorante, la mortifère nuée ardente.

La mer a dénudé son rivage et creusé son ventre de sel
La vague terrifiante a propulsé sa crête

Hommes de la prairie et des sillages blancs
Tendez vos mains blessées vers les défaites
Qui secrètent les poignards de l'amertume
Videz les soutes de vos orgueils déments
Éteignez les torchères qu'allument
Les fausses raisons des conquêtes
Les appétits démesurés, reptiliens,
Les fourmillants instincts de la bête
Hommes de la charrue et des filets
Hommes soumis de l'esclavage
Courez bâtir les parapets
Voici sur vous les langues de feu du ciel
Vous recouvrant de sa cendre en nuage.
La terre durcie sous les glaciers millénaires
La mer empoisonnée, inféconde et glauque

Où sont les hommes des cycles planétaires
Les chants de la renaissance
La douceur des rosées
Où sont ta voix et tes silences
Qui me parlaient de notre amour
Où sont les cœurs des ambitions
Les âmes des charités
Où sont les couleurs taguées du jour
Les étincelles vertes de la liberté
La vérité n'a plus de nom
Hommes de rien et du mystère
Courez vers votre achèvement
Le monde est orphelin de père et mère.

La terre en agonie, sur son orbite vide,
La mer figée en ses lames de métal,
Où s'écoute la respiration de la vie?
Où, le souffle de la révélation?
Cherchez, hommes, avant que l'éternité
N'entrouvre son tunnel obscur
Et le trou noir de son destin
À vos yeux clos par l'absence.

YvesVANEL
Sismologie des révélations