Irène et sa chatte



Quand s'éjouit Irène et caresse sa chatte,
Ses longs doigts si câlins rebroussent les frisons,
Suscitant sur les flancs maints languides frissons
Dépassant le plaisir du lait frais de la jatte !

Sous la vague indolente encense la frégate
La gorge a cappella rauque d'émouvants sons
Où l'on sent un amour plein d'obscures raisons
Conter à l'être cher la « féline Vulgate »,

Dans les yeux étrécis scintillent des points d'or
Cerclant l'ovale iris, l'assombrissant encor,
Ainsi que font aux cieux les chemins de lumière ...

Mais, cruel embarras: maîtresse ou l'animal,
Qui donc, en volupté, prend la place première ?
Les mettre dos à dos paraît le moindre mal !

Henri-Maurice STEIL