Peintures rupestres
Les vendanges tardives exhalèrent leurs parfums
Nourries par les chaleurs bienfaitrices
Et l'éclatante couleur des automnes purs
Les grappes seront tentation
La liqueur racée confusion des sens
Quand les voix des prophètes tues
Laisseront percer sur les horizons neufs
Aux oreilles profondes du cosmos
Les cris de l'être enluminé d'avenir
Les cœurs chavirés dans les alcools de l'espoir
Seront révélés au monde
À la Terre vivante où continuera le voyage
Par les canaux entrecroisés de la sagesse
Vers l'ultime connaissance
Illusion du présent perfectible
Révélation du mirage où poudroie le sublime
Passage de l'homme à l'homme
&
Il est venu le temps du pardon
Au pas feutré de la nuit noire
Où l'on devine à peine les ivoires
Des ultimes éclats de la raison.
Il est venu briser les mensonges,
Aux lèvres sucrées de poudre d'argent,
Qui coulent épais d'écœurement
Et s'incrustent dans la chair et rongent.
Il est venu pour éteindre l'encens
À l'entêtante odeur d'impure ivresse
Dont l'homme aime à vaporiser sa richesse,
Ses moissons de cadavres et de sang.
Il est venu rôder à pleine lune
Dans nos couloirs d'ombre et d'orgueil, À l'affût du jour qui sonnera le deuil
De notre départ vers la destinée commune.
Un autre règne arrive, un autre temps,
Un goût immodéré de partager la terre
Et d'offrir le pardon à ces gens de naguère
Dont le rêve a sombré dans les projets déments.
Il est venu le temps d'effacer les blessures.
Sur le sol meurtri notre sang séchera,
L'Homo trois fois sapiens se dressera
Pour dessiner sa trace, et sans ratures.
Yves
VANEL
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